Ateliers d'écriture
Marie Clark
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Mémoires d'outre-Web
Coll. « Texture », Hurtubise HMH, Montréal, 2011



RÉSUMÉ

Rien ne réussit à Benjamin, 16 ans, hyperactif, dyslexique et tête de Turc : l’école l’a lâché depuis longtemps, il en a assez de décevoir sa famille et, pour couronner le tout, Raph, la seule âme sœur qu’il ait eue, s’est suicidée. On a beau être un héros invaincu du fameux jeu interactif War of Worldcraft, cela ne suffit plus. Son chevalier virtuel trucidé par ses soins, Benjamin se laisse partir à la dérive du trottoir, mené par un bâton aux étranges sculptures et un Allié-Gris, chat de gouttière de son état, sur les traces récentes de sa chère disparue. Au cours de ce voyage initiatique, Benjamin fera la rencontre d’Ilsole, déesse soleil évadée du Web, qui donnera un sens inusité à sa vie, et de la petite Iphi-Génie, qui prendra, à la place d’un dieu déclassé, le relais d’un fragile espoir.

 
          EXTRAIT

J’ai tout de suite été ramené sur les lieux de la scène et j’ai enfin compris que c’était pas le jeu qui avait figé tout le monde sur place, mais une sorte de petite bulle d’air qui s’était formée dans le compact de la nécessité et qui avait fait tomber armes et armures en mettant à nu nos zones d’ombre et de lumière respectives. Je me sentais comme un imbécile fini devant Divine; comme d’habitude, il fallait qu’on me martèle le cerveau pour que quelque chose entre dedans.

- On a envoyé Dieu au Diable? j’ai cherché à me rattraper.

- Oui, ou si tu préfères, chacun a endossé momentanément son propre amalgame de blanc et de noir…

- Et c’est la paix?

- C’est la paix, oui…
 

 
CE QU'ILS EN ONT DIT...

Voir Montréal

Extrait de l'article « Sortir de l'écran », d'Éric Paquin, 10 mars 2011

Marie Clark adopte la voix d'un adolescent en quête de nouveaux repères dans un troisième roman réussi.


Partant de cette opposition entre un monde virtuel comme lieu de refuge et une réalité où l'être humain se remet en question, Marie Clark tire manifestement son épingle du jeu. La beauté de son livre réside en bonne partie dans le portrait et le langage imagé de ce héros en quête de sens dont la narration peut rappeler celle des adolescents d'un Salinger ou d'un Sylvain Trudel. Benjamin finira par préférer l'inconfort de la« vraie vie » malgré le tragique quasi insurmontable de la condition humaine, ne parvenant pas à trouver « le répit final vivant à la souffrance de la mort ».

 

Commentaire de Marc Audet, un lecteur, en réaction à l'article « Sortir de l'écran » (Voir Montréal, 10 mars 2011)

Si le style, c’est la personne, il n’y a personne d’autre sur terre qui peut se dire l’alter ego de Marie Clark. Sa langue, elle l’invente comme on respire et à vrai dire, elle nous donne l’impression que le monde l’étouffe. Ses personnages aussi sont au bord de l’asphyxie, en manque de monde, se sentant obligés d’aller grappiller du réel là où il n’y en a pas, dans ce monde virtuel du Web et de ses jeux en ligne. C’est leur façon à eux d’essayer de se donner un destin, eux pour qui tout est déjà joué dans la vie de tous les jours. Cependant, ce désespoir à fleur de peau qui est le leur ne les condamne pas pour autant à la désespérance. Ils y trouvent leur salut, un drôle de salut, en envoyant Dieu au Diable et vice versa.

Doit-on pour autant considérer Marie Clark comme la rescapée d’une île perdue, une Robinson de l’ère moderne? Certainement pas dans la république des lettres en tout cas. Cette langue qui invente la suite du monde, même sans le bleu du ciel, elle ne peut pas ne pas nous faire penser un peu à celle de Levy Beaulieu, mais à un Levy Beaulieu urbain plutôt que champêtre. À Marie-Claire Blais aussi, par sa dimension plus que poétique, quasi spirituelle, avec le mariage du pire et du mieux.


La Presse

Extrait de l'article « Mémoires d'outre-Web: aventure virtuelle », de Josée Lapointe, 11 mars 2011

La langue de ce troisième roman de Marie Clark regorge de trouvailles. C'est dans chaque phrase tordue, chaque détournement de sens que ce roman vaut le détour. L'auteure réussit à maintenir le cap de manière très rigoureuse, sans relâcher. La façon aussi qu'a Benjamin de s'adresser au lecteur, de lui annoncer ses intentions et même de lui expliquer son processus d'écriture, nous fait entrer dans son univers.

Malgré son humour ironique et des incursions magiques, Mémoires d'outre-Web reste une oeuvre sombre, d'une tristesse qui transparaît entre les lignes. Heureusement, il y a aussi de l'espoir, porté par la petite Iphi-Génie, et par Benjamin lui-même, qui trouvera, difficilement, un sens à sa vie.

 
 

 
 Mes aventures d'apprenti chevalier presque entièrement raté
Coll. « Texture », Hurtubise HMH, Montréal, 2008
  


RÉSUMÉ

Benjamin, un garçon de huit ans, hyperactif de père, insupporté de mère, raconte dans une langue débridée ses tentatives pour devenir un peu moins raté et ainsi obtenir son diplôme de chevalier. Cet exploit con- sacrerait ses efforts pour tirer sa famille du désastre et éradiquer la menace d'être placé qui plane sur lui. Grâce aux enseignements d'un « maître chevalier » psychologue pour enfants et d'une fée orthopédagogue au clavier complice, Benjamin accédera non seulement à son monde intérieur mais à celui qui l'entoure. Il percevra les mystères jusqu'ici clos de la lecture et de l'écriture, et récoltera au passage l'amitié inespérée de Philémon, un super enfant sage, mais aussi celle de Raph, une semblable aux longues jambes rieuses qu'il essaiera d'extirper de la déroute, conscient qu'il ne faut pas échapper trop d'enfants pour la suite du monde. 

EXTRAIT
quand j’ai le temps, je lui demande comment ça s’écrit le mot qui dit qu’on n’est pas comme les autres et ça s’écrit « ornithorynque » avec un« h » muet comme dans ceux qui n’ont pas de voix, et toi, est-ce que tu en as un « h » muet » ? il paraît que c’est le seul animal à fourrure qui a un bec de canard et qui donne du lait à ses œufs, elle a dit qu’il y en a aussi des vraiment spéciaux chez les humains, et je la comprends, sauf que je ne suis pas tellement d’accord d’en faire partie, et même si c’est une richesse, il paraît, je préférerais avoir un peu moins de différent comme chevalier, avec Jimmy pour école spécialisée, comme ça, je n’aurais plus besoin d’encourager ma famille et tout le monde m’aimerait à l’école, surtout Philémon, qui serait mon meilleur ami et même Mado ne me tirerait plus la langue en ouvrant la porte de la classe dans le dos de la maîtresse...
 
 
Prix spécial du jury, aux Grands Prix du livre de la Montérégie 2009
 
 
CE QU'ILS EN ONT DIT...
Le Devoir 
Extrait de l'article « L'enfant qui marchait en sautillant », de Suzanne Giguère, dimanche 30 novembre 2008
« Il est surprenant de voir la facilité avec laquelle Marie Clark nous entraîne dans le monde plein d’émotions et de poésie d’un enfant de huit ans. C’est que Benjamin ne parle pas avec des mots mais avec son âme. Écrit dans une langue craquante, irrésistible, qui « glisse super rapide comme sur une rampe d’escalier », Mes aventures d’apprenti chevalier presque entièrement raté n’a pas atterri par hasard dans la collection « Texture » des éditions HMH. Comme l’indique son directeur littéraire, François Couture, cette collection est un espace entièrement consacré au plaisir du texte. Friands de style, voici une romancière aux idées filantes et dont la plume a du relief! »
 
La Presse
Extrait de la rubrique « Biblio » du cahier Lectures du dimanche 9 novembre 2008, par Jade Bérubé
« Écrit dans une langue irrésistible et pourtant difficile, ce roman qui prend la forme d'un émouvant soliloque parvient admirablement à traduire la détresse d'un enfant prisonnier de ses maladresses, engoncé dans un cerveau qui lui fait défaut et pourtant trempé de bonne foi. »   
 

 
Le Banc
Les Intouchables, Montréal, 2001
 


RÉSUMÉ

Une Euridice s'assoit chaque jour à son ordinateur pour tenter de faire taire son juge intérieur et de mater le geyser de ses paroles. Mais une histoire la hante au point qu'elle se met à adresser des courriels à un Orphée croisé en Allemagne, qui ne lui répond jamais qu'en pensée. Un soliloque s'enclenche en chaque personnage, reconstituant par bribes le rendez-vous manqué qui les lie. Cette démarche en parallèle les aidera à se libérer de leurs entraves et à transformer leur défaite même en création. Une métaphore moderne de la source de l'écriture et de la musique.

EXTRAIT
 
Il y a un banc. Comme une blessure. Incisive. Décisive. C’est sur ce banc-là, dans un parc de Cologne, que j’ai décidé d’écrire. J’ai seulement dit : Dans une autre vie, je serai écrivaine. Je crois bien que je l’ai répété en anglais, pour être sûre que tu comprennes. À moins que ce ne soit en espagnol. Tu aimais, pour les confidences, cette langue mélodieuse que nous ne maîtrisions ni l’un ni l’autre. Je ne me savais pas alors sous la dictature d’un juge. Ni à la merci d’un geyser. J’étais innocente, je le jure. Sinon je n’aurais jamais prononcé de telles paroles. Tu m’as répondu : Dans une autre vie, je serai musicien.
 
 

 

 
 
 

 
 
 
 
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Dernière mise à jour : 8 février 2012
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