Mes aventures d’apprenti chevalier presque entièrement raté
Coll. « Texture », Hurtubise HMH, Montréal, 2008
RÉSUMÉ
Benjamin, un garçon de huit ans, hyperactif de père, insupporté de mère, raconte dans une langue débridée ses tentatives pour devenir un peu moins raté et ainsi obtenir son diplôme de chevalier. Cet exploit con- sacrerait ses efforts pour tirer sa famille du désastre et éradiquer la menace d’être placé qui plane sur lui. Grâce aux enseignements d’un « maître chevalier » psychologue pour enfants et d’une fée orthopédagogue au clavier complice, Benjamin accédera non seulement à son monde intérieur mais à celui qui l’entoure. Il percevra les mystères jusqu’ici clos de la lecture et de l’écriture, et récoltera au passage l’amitié inespérée de Philémon, un super enfant sage, mais aussi celle de Raph, une semblable aux longues jambes rieuses qu’il essaiera d’extirper de la déroute, conscient qu’il ne faut pas échapper trop d’enfants pour la suite du monde.
EXTRAIT
quand j’ai le temps, je lui demande comment ça s’écrit le mot qui dit qu’on n’est pas comme les autres et ça s’écrit « ornithorynque » avec un« h » muet comme dans ceux qui n’ont pas de voix, et toi, est-ce que tu en as un « h » muet » ? il paraît que c’est le seul animal à fourrure qui a un bec de canard et qui donne du lait à ses œufs, elle a dit qu’il y en a aussi des vraiment spéciaux chez les humains, et je la comprends, sauf que je ne suis pas tellement d’accord d’en faire partie, et même si c’est une richesse, il paraît, je préférerais avoir un peu moins de différent comme chevalier, avec Jimmy pour école spécialisée, comme ça, je n’aurais plus besoin d’encourager ma famille et tout le monde m’aimerait à l’école, surtout Philémon, qui serait mon meilleur ami et même Mado ne me tirerait plus la langue en ouvrant la porte de la classe dans le dos de la maîtresse...
Prix spécial du jury, aux Grands Prix du livre de la Montérégie 2009
CE QU'ILS EN ONT DIT...
LeDevoir
Extrait de l’article « L’enfant qui marchait en sautillant », de Suzanne Giguère, dimanche 30 novembre 2008
« Il est surprenant de voir la facilité avec
laquelle Marie Clark nous entraîne dans le monde plein d’émotions et de
poésie d’un enfant de huit ans. C’est que Benjamin ne parle pas avec
des mots mais avec son âme. Écrit dans une langue craquante,
irrésistible, qui « glisse super rapide comme sur une rampe
d’escalier », Mes aventures d’apprenti chevalier presque entièrement raté
n’a pas atterri par hasard dans la collection « Texture » des éditions
HMH. Comme l’indique son directeur littéraire, François Couture, cette
collection est un espace entièrement consacré au plaisir du texte.
Friands de style, voici une romancière aux idées filantes et dont la
plume a du relief! »
La Presse
Extrait de la rubrique « Biblio » du cahier Lectures du dimanche 9 novembre 2008, par Jade Bérubé
« Écrit dans une langue
irrésistible et pourtant difficile, ce roman qui prend la forme d’un
émouvant soliloque parvient admirablement à traduire la détresse d’un
enfant prisonnier de ses maladresses, engoncé dans un cerveau qui lui
fait défaut et pourtant trempé de bonne foi. »
Le Banc
Les Intouchables, Montréal, 2001
RÉSUMÉ
Une Euridice s’assoit chaque jour à son ordinateur pour tenter de faire taire son juge intérieur et de mater le geyser de ses paroles. Mais une histoire la hante au point qu’elle se met à adresser des courriels à un Orphée croisé en Allemagne, qui ne lui répond jamais qu’en pensée. Un soliloque s’enclenche en chaque personnage, reconstituant par bribes le rendez-vous manqué qui les lie. Cette démarche en parallèle les aidera à se libérer de leurs entraves et à transformer leur défaite même en création. Une métaphore moderne de la source de l’écriture et de la musique.
EXTRAIT
Il y a un banc. Comme une blessure. Incisive. Décisive. C’est sur ce banc-là, dans un parc de Cologne, que j’ai décidé d’écrire. J’ai seulement dit : Dans une autre vie, je serai écrivaine. Je crois bien que je l’ai répété en anglais, pour être sûre que tu comprennes. À moins que ce ne soit en espagnol. Tu aimais, pour les confidences, cette langue mélodieuse que nous ne maîtrisions ni l’un ni l’autre. Je ne me savais pas alors sous la dictature d’un juge. Ni à la merci d’un geyser. J’étais innocente, je le jure. Sinon je n’aurais jamais prononcé de telles paroles. Tu m’as répondu : Dans une autre vie, je serai musicien.